« Du voisinage. Essai sur la coexistence humaine », « Coeur tambour »

« Du voisinage. Essai sur la coexistence humaine », « Coeur tambour »

15.07.2017

Évènement

Rencontre avec Scholastique Mukasonga et Hélène L'Heuillet

 

Rencontre le 15 juillet à 15h

Hélène L'Heuillet est philosophe et psychanalyste. Maître de conférences en philosophie morale et politique à l'Université de Paris-Sorbonne, elle est aussi membre de l'Association lacanienne internationale.

« Du voisinage. Essai sur la coexistence humaine »

Faute de terre en friche, d'île déserte ou de territoire vierge à habiter, plus rien ne sépare aujourd'hui les hommes. Nous sommes donc tous voisins.
Figure actuelle de l'altérité, le voisin n'est pas l'ami. On accueille l'ami chez soi tandis que l'on aborde le voisin sur le pas de sa porte. Le voisin n'est pas non plus le prochain, mais il l'a supplanté dans nos sociétés sécularisées. Il peut même devenir l'ennemi : au mieux, il n'inspire que froide indifférence, au pire, il suscite le déchaînement de la plus extrême violence.
 
Le voisinage est un lien par le lieu. Nous ne nous comportons pas de la même manière selon que nous avons affaire à un voisin d'en face, un voisin d'à côté, un voisin d'en haut ou un voisin d'en bas.
 
Savoir comment vivre et interagir avec son voisin sans tomber dans les pièges ravageurs du face-à-face constitue le principal défi d'une éthique du voisinage nécessaire dans une société de masse où, serrés les uns contre les autres, nous devons trouver le moyen de coexister.

 

Scholastique Mukasonga est née au Rwanda et travaille en Normandie. Elle est auteur de quatre livres publiés chez Gallimard. Son roman Notre-Dame du Nil a obtenu le prix Renaudot en 2012.
Rwandaise, née en 1956, Scholastique Mukasonga connaît dès l'enfance la violence et les humiliations des conflits ethniques qui agitent le Rwanda. En 1960, sa famille est déplacée dans une région insalubre du pays. En 1973, elle est chassée de l'école et doit s'exiler au Burundi. Elle s'établit en France en 1992.
En 1994, année du génocide des Tutsi, un million de morts en cent jours, elle apprend que 27 membres de sa famille ont été massacrés, dont sa mère Stefania.

« Notre-Dame du Nil », 2012

« «Il n?y a pas de meilleur lycée que le lycée Notre-Dame du Nil. Il n?y en a pas de plus haut non plus. 2 500 mètres annoncent fièrement les professeurs blancs. 2 493, corrige s?ur Lydwine, la professeure de géographie. ?On est si près du ciel?, murmure la mère supérieure en joignant les mains.»
Rwanda, début des années 1970.

Au lycée Notre-Dame du Nil, près des sources du grand fleuve égyptien, de jeunes filles en fl eurs se préparent à devenir de bonnes épouses, de bonnes mères, de bonnes chrétiennes. Mais sous le calme apparent couve la haine raciale. Un quota «ethnique» limite à 10 % le nombre des élèves tutsi, les persécutions se multiplient et voici que s?approchent les nervis du pouvoir?

Rescapée du massacre des Tutsi, Scholastique Mukasonga nous offre une ?uvre poignante, où des adolescentes aux mains nues tentent d?échapper à une Histoire monstrueuse."

« Coeur tambour », 2016

« Personne ne savait plus trop qui était cette présumée princesse africaine appelée Nyabinghi. Son nom était venu s'échouer sur les plages de la Jamaïque en d'étranges circonstances. Le 12 décembre 1935, peu de temps avant l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste, paraissait dans le journal Jamaïca Times un article intitulé "Une société secrète pour détruire les Blancs" [...] Vingt millions de nègres au nom d'une mystérieuse reine appelée Nya-Binghi allaient déferler sur l'Europe et l'Amérique, Nya-Binghi signifiant "mort aux Blancs". Les Rastas, qui adoptèrent le nom de Nyabinghi, n'avaient rien de sanguinaire et, dans la torpeur bienheureuse de l'herbe sacrée, ils ne songeaient nullement à massacrer quiconque. Les tambours suffisaient à leur rébellion. »

Du Rwanda à la Caraïbe, à l'Amérique : mystères, initiations, naissance de la musique rasta et, dans les bouleversements du monde, quand battent le tambour et le coeur de l'Afrique, un crime fondateur... Qui a tué l'inoubliable diva Kitami, surnommée aux quatre points de l'horizon « l'Amazone noire » ?..."