Fabienne Brugère, Irène Frain et Hélène L'Heuillet

Fabienne Brugère, Irène Frain et Hélène L'Heuillet

01.09.2019

« Promesses d'avenir »

 Fabienne Brugère, On ne naît pas femme, on le devient, Stock, 2019

Simone de Beauvoir disait : « On ne naît pas femme : on le devient. » Puisant dans sa propre expérience et avec un regard sur le monde, Fabienne Brugère décline cette phrase à travers les différents âges de la vie, de la naissance, la jeunesse, l'âge adulte à la vieillesse, en montrant comment la femme est à la fois piégée et cependant en mesure de se libérer. Cette défense d?un féminisme ordinaire cherche non pas à victimiser les femmes mais à expliquer qu'elles peuvent changer leur quotidien et le cours de leur vie. Ce livre est un plaidoyer pour la liberté, écrit par une philosophe engagée, qui travaille aussi sur le droit à l'hospitalité.

Fabienne Brugère est philosophe, Professeure à l'université Paris 8, spécialisée en esthétique et en philosophie de l'art, morale et politique, et sur l'études des théories féministes. Elle a introduit en France le travail de Judith Butler et a récemment publié La politique de l?individu (Seuil, 2013) et La fin de l?hospitalité (Flammarion, 2017).

Fabienne Brugere © Philippe Matsas


 
 Hélène L'Heuillet, Tu haïras ton prochain comme toi-même, Albin Michel, 2017

Si la haine est une expérience psychique nécessaire - impossible de grandir ou de passer les étapes de la vie sans en faire l'expérience -, l'absence de refoulement de cet élan pulsionnel est dévastatrice pour la vie en société et pour soi-même. Or la haine s'invite de nos jours dans les dialogues, et surgit au moindre désaccord, entre voisins, dans le couple, dans la famille, au travail, et bien sûr, de façon véhémente, en politique. Et ce nouveau discours de la haine produit nécessairement de nouvelles formes de violence. Dans cet essai passionnant, Hélène L'Heuillet envisage les mouvements populiste et jihadiste comme des effets de ce nouveau rapport à la haine. Rien d'étonnant dès lors à constater qu'ils attirent ceux qui sont nés au sein même de ces discours, qui ont été socialisés par eux, bercés par leurs rengaines : les jeunes. Qu'a-t-on dit, ou plutôt que n'a-t-on pas dit, à la jeunesse pour qu'elle soit séduite par le type de radicalité en jeu dans le populisme et dans le jihadisme ? Comment expliquer qu'elle désire à ce point la destruction ?

Hélène L'Heuillet est maître de conférences en philosophie à Sorbonne-Université et psychanalyste. Ses recherches portent sur la philosophie politique appliquée, à partir d'un corpus diversifié, constitué de l'histoire de la philosophie classique et contemporaine, des sciences sociales, ainsi que de la théorie et de la pratique psychanalytiques.
Hélène L'Heuillet © DR

 

 

 

Irène Frain, Je te suivrai en Sibérie, Paulsen, 2019

Pauline est de celles qui brisent les obstacles. Au début du XIXe siècle, dans une ville de Lorraine déchirée par les conflits politiques et secouée par les guerres napoléoniennes, l?adolescente risque-tout défie sa manipulatrice de mère et proclame qu?un jour elle épousera un Russe. Rien de surprenant donc à ce qu?elle devienne modiste à Moscou. Dans une ville où grouillent les sociétés secrètes, elle rencontre un richissime aristocrate, Ivan Annenkov, qui fera basculer son destin : il fomente avec ses amis un complot contre le tsar. Élevé dans l?esprit des Lumières, et farouche partisan de l?abolition du servage, il rêve de destituer Nicolas Ier.
La conjuration de ceux qu?on appellera « Les Décembristes » échoue, ils sont déportés en Sibérie et Ivan serait promis à mourir dans l?oubli si Pauline, à l?instar de sept autres femmes, ne décidait de le rejoindre.
Par - 20 °C, puis l?été, en ville et dans les profondeurs des terres sibériennes, à pied, en train, en voiture, Irène Frain a sillonné le chemin des insurgés et de leurs femmes. De Sampigny à Nijni-Novgorod, en passant par Saint-Pétersbourg et les vallées de Transbaïkalie, c?est une vie extraordinaire que suit Irène Frain, où l?on croise Chateaubriand, Alexandre Dumas et Dostoïevski.
Elle en tire un portrait de femme poignant et ressuscite avec une immense sensibilité celle qu?elle décrit comme « une Mathilde de la Môle qui ne serait pas qu?un cerveau, une Sanseverina qui aurait les pieds sur terre, une Sylphide qui saurait ce qu?est le sexe, le rire, la vodka, les chevaux, la culture des pommes de terre, la bassesse humaine comme sa noblesse ».

Née à Lorient, Irène Frain publie un premier essai en 1979, puis en 1982 paraît Le Nabab, roman inspiré par le parcours authentique d?un mousse breton du XVIIe siècle devenu chef de guerre en Inde. Auteure de plusieurs romans, recueils de textes et biographies, elle vit à Paris.




Chaque rencontre commence à 15h.
pour réserver : contact@ecoledesfilles.org ou 06 34 52 79 78