École des filles


Rencontre avec Paul-Hervé Parsy et Aurélien Bellanger

Rencontre avec Paul-Hervé Parsy et Aurélien Bellanger

23.07.2017

Été des 13 Dimanches

« Un château moderne », « Le Grand Paris »

Rencontre le 23 Juillet à 15:00

« Un château moderne »

Dès sa construction, la villa Cavrois fut un objet, un terrain d'exploration pour les photographes. C'est Robert Mallet-Stevens lui-même qui en lança la mode en publiant dès 1932 au sein de la revue L'Architecture d'aujourd'hui les photographies d'Albin Salaün, lesquelles donnèrent lieu deux ans plus tard au livre Une demeure 1934, petit recueil de 28 pages composé de splendides photographies en noir et blanc. Les images de la villa font alors le tour du monde et sont publiées dans de nombreux journaux et magazines.

Dans les années 1980, le Centre Georges Pompidou confia à Véra Cardot et Pierre Joly un ultime reportage avant que la famille Cavrois ne disperse le mobilier et ne vende son "château moderne". Suivirent 10 ans d'abandon et de vandalisme au cours desquels maints photographes et artistes se glissèrent derrière les palissades pour rapporter des clichés qui, pour être souvent d'une grande beauté plastique, n'en témoignent pas moins de l'extrême dégradation de la villa. En 2015, la villa enfin restaurée et restituée dans son état de 1932 fut sans doute la construction moderne la plus photographiée et la plus publiée de l'année.

Aujourd'hui, cette monographie en images entraîne le lecteur à travers plus de 80 ans d'une aventure architecturale unique.

Paul-Hervé Parsy est un professionnel de l'art atypique. Après avoir étudié le droit et les sciences politiques et une courte période d'enseignement, Paul-Hervé Parsy se passionne pour l'art contemporain. Il commence à organiser des expositions à Lille, devient conseiller au ministère de la culture en 1982, conservateur en chef des collections contemporaines au Centre Pompidou (1988), directeur du musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg (1998), puis administrateur du château d'Oiron (2001) et de la villa Cavrois (2012). Il a publié de nombreux catalogues ou textes sur l'art ou l'architecture.

« Le Grand Paris »

Enfant de l'Ouest parisien, Alexandre Belgrand a grandi à l'ombre des tours de la Défense, au bord de la voie royale qui conduit du Louvre à la Grande Arche et qui sert de frise chronologique à l'histoire de France. Héritier autoproclamé de ce majestueux récit, il rejoint une école de commerce, certain d'intégrer à sa sortie l'élite de la nation.
L'un de ses professeurs l'initiera alors à l'histoire secrète de la capitale, avant de le faire entrer au service de l'homme fort de la droite ? «le Prince» - en passe de remporter la prochaine présidentielle. Il lui aura fallu, auparavant, parfaire sa formation d'urbaniste au milieu du désert algérien, d'où il assistera, impuissant, au soulèvement des quartiers de l'Est parisien à l'automne 2005.
Au soir du 6 mai 2007, il est au Fouquet's, dans le tout premier cercle, prêt à intégrer le cabinet du Prince. Suivront, pour Alexandre, deux années d'alcoolisation heureuse, de travail acharné et d'amitiés nocturnes au coeur du triangle d'or parisien. Il écrira l'un des discours les plus remarqués du Prince, prélude au lancement d'une grande consultation architecturale sur l'avenir de Paris ; c'est lui encore qui imaginera de doter la nouvelle métropole d'un grand métro automatique, le Grand Paris Express. Il aura alors l'orgueil de se croire indestructible.
Sa disgrâce, imprévue et brutale, le conduira jusqu'à l'Est maudit de la grande métropole. C'est là que, dans sa quête de plus en plus mystique d'une ville réconciliée, il devra s'enfoncer, accomplissant son destin d'urbaniste jusqu'à son ultime conversion, ainsi qu'il le lui avait été prédit au milieu du désert : «Nous autres, urbanistes, nous parlons aux dieux plutôt qu'aux hommes.»


Aurélien Bellanger, né le 20 avril 1980 à Laval, est un écrivain français, philosophe de formation. « Il s'impose comme l'archéologue de notre modernité, le chroniqueur distancié de la France contemporaine. »
Élisabeth Philippe, Les Inrockuptibles