Laura-Maï Gaveriaux et Catherine Millet

Laura-Maï Gaveriaux et Catherine Millet

19.08.2018

Été des 13 Dimanches

« Danger au tournant »

Pourquoi décide-t-on de tout quitter pour devenir reporter de guerre ? Comment affronter l’horreur des conflits lorsque l’on est une jeune femme seule ?
Au printemps 2016, Laura-Maï Gaveriaux, prof de philo devenue journaliste indépendante, tombe sur un conflit qui n’a même pas encore de nom dans les médias : dans les régions kurdes du sud-est de la Turquie, la « sale guerre du président Erdogan » lamine les populations civiles.
Sillonnant le pays pendant des mois, la jeune reporter va dérouler le fil pour comprendre que la question kurde n’est que la partie émergée d’une pathologie profonde et le signe annonciateur d’une crise qui va faire basculer la république dans la dictature.
Au pays des complots, des guérillas et des États parallèles, Laura-Maï Gaveriaux découvre que c’est le terrain qui donne le sujet et que le grand reportage ne peut être qu’une solitude absolue pour aller vers l’autre et s’y consacrer : pour parler à tous, il ne faut être l’amie de personne.
Voyage initiatique autant que récit de guerre qui vous prend aux tripes, ce témoignage d’une grande force est aussi l’apprentissage de la liberté.

Laura-Maï Gaveriaux, Sales guerres. De prof de philo à grand reporter, Editions de l’Observatoire, 2018

Après avoir fait de la recherche à la Sorbonne et enseigné la philosophie, Laura-Maï Gaveriaux devient, à 29 ans, grand reporter au Magrheb et au Moyen-Orient. Elle collabore notamment aux Échos et au Monde diplomatique. Sales guerres, récit de son expérience en zone de conflits, est son premier livre.


Créé à Paris en 1972, art press est considéré comme l'une des meilleures revues internationales sur l'art contemporain, suivant au plus près la création, tout en fournissant des clefs d'analyse d'un domaine qui à la fois soulève beaucoup de curiosité et déroute souvent. L'évolution de la revue se confond avec les transformations récentes de l'art, depuis les dernières avant-gardes jusqu'aux effets aujourd'hui de la globalisation. Elle témoigne de cette histoire dans laquelle elle a pris une part active au travers de ses engagements et des débats qu'elle a elle-même suscités. C'es tout cela que Catherine Millet, fondatrice de la revue dont elle continue de diriger la rédaction, raconte dans ce livre, restituant, à travers anecdotes et réflexions, l'épaisseur de ces années. C'est aussi sur son parcours personnel qu'elle revient, en répondant aux questions d'un de ses plus proches collaborateurs, Richard Leydier, faisant de ce dialogue celui de deux générations de critiques d'art. Mais Catherine Millet est aussi l'auteur du best-seller La Vie sexuelle de Catherine M., ouvrage à partir duquel elle s'est engagée dans un travail littéraire qu'elle met ici en perspective par rapport à son expérience de critique.

Catherine Millet est directrice de la rédaction d'Art Press, revue à la fondation de laquelle elle a participé en 1972. Elle a été commissaire de plusieurs expositions, parmi lesquelles Baroque 81 (Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 1981), Douze artistes français dans l’espace (Musée Seibu, Tokyo, - Fondation Walker Hill, Séoul, 1985). Elle a également été commissaire de la section française de la Biennale de Sao Paulo en 1989, qui a reçu le Grand Prix du meilleur pavillon et commissaire du Pavillon français à la Biennale de Venise, en 1995. Catherine Millet est chevalier de l’Ordre National du Mérite.