École des filles


5èmes Rencontres Victor Segalen

5èmes Rencontres Victor Segalen

25.05.2017

Été des 13 Dimanches

Le normal et le pathologique

Jeudi 25 mai
« Le normal et le pathologique »


15h/ Florence Lautrédou : Victor Segalen ou les frontières de l’identité
 

 

La frontière, au sens géographique, spatial, topographique, n’est sans doute pas l’enjeu principal et direct de Segalen. Il est en revanche possible de reconnaître, dans quelques-unes de ses œuvres (Peintures, Un grand fleuve, Sites) et dans sa correspondance, les traces d’une pensée de l’espace et du temps empruntées sciemment ou non, en quelque sorte dans desréemplois, aux géographes et aux explorateurs, voire à d’autres genres de la littérature, visibles dans les formes, les cortèges, les ruses et les violences des tracés, les gestes, ainsi que dans les stratifications de l’espace. Certaines de ces figures présentes peuvent renvoyer à des moments et des corrélations de l’histoire, ou à des confrontations inédites de différentes histoires.


Florence Lautrédou est psychanalyste, coach et conférencière. Elle a notamment publié chez Odile Jacob :
Cet Elan qui change nos vies, l’inspiration, en 2014, et L’Amour le vrai, en 2016.

 
 
16h/ Régis Airault : Du voyage "pas-trop-logique" au voyage thérapeutique
 
Si le voyage peut provoquer des troubles psychiques, il est le plus souvent positif et permet à l’être humain de sortir de l’ornière des certitudes du quotidien, de s’ouvrir à l’autre, aux autres, à soi, et parfois de faire oeuvre car nul n’est prophète en son pays...


Régis Airault, psychiatre hospitalier, a été médecin psychiatre au consulat de Bombay en 1985-86. Il vit maintenant à Paris où il dirige un CMPP (Centre Médico Psycho Pédagogique). Il a notamment publié :
Fous de l’Inde, Délires d’occidentaux et sentiment océanique l’inspiration, aux éditions Payot, réédité en 2016.

 

17h/ Irène Frain : L'expérience de la frontière psychique

Avec le rêve endormi, nous faisons chaque nuit l’expérience de la frontière psychique. Mais à notre insu, nous la franchissons aussi  lorsque nous voyageons. 
On connaît le célèbre «  syndrôme de Stendhal » : avant son départ, le pays ou la ville a suscité chez le voyageur une telle attente imaginaire qu’à son arrivée, il est saisi par tourbillon  d’émotions si puissant qu’il frise le délire ou l’hallucination. 
Sans aller jusqu’à cet extrême, le franchissement des frontières géographiques se double souvent d’une traversée des frontières psychiques. Le voyageur sent se réveiller en lui un jumeau endormi qui va le révéler à lui-même — surtout s’il est artiste. D’où ces tableaux, ces livres, ces films qui jaillissent soudain des voyages. Ce n’est pas que le voyageur a trouvé cette fumeuse «  inspiration » dont on parle à tout bout de champ sans savoir au juste de quoi il en retourne. C’est tout simplement qu’il a brisé les frontières psychiques et est allé  «  au fond » : le fond de son « moi ». 
Peu importent les lieux de la révélation, Inde, Tibet, Afrique, Patagonie. Dans cet Ailleurs, nous sommes déroutés,  au sens propre — loin de nos routes ordinaires —   mais aussi au sens figuré: égarés.  Et par conséquent proches de nous trouver.
Comme le dit le Mahabharata, ce grand texte sacré de l’Inde : «  Ce n’est pas en le cherchant que nous découvrons l’Insoupçonné, mais en nous perdant. »

 
Irène Frain est née et a grandi en Bretagne. Elle a écrit une trentaine d’ouvrages, dont Le Nabab, Secret de famille, Devi, Au Royaume des Femmes, Beauvoir in love, Les Naufragés de l’Ile Tromelin, Sorti de rien. Elle a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Prix Bretagne , le Grand Prix de l’Académie de Marine, et, pour l’ensemble de son oeuvre et le Prix de la Femme 2016.