Rencontres Victor Segalen

Rencontres Victor Segalen

13.05 - 13.05.2018

Été des 13 Dimanches

J4 - Correspondances de la Grande Guerre

Colette Camelin : Segalen et la Première Guerre Mondiale

Colette Camelin est professeur émérite de littérature française du XXe siècle à l'université de Poitiers. Depuis 2012, elle enseigne les humanités à Sciences Po Euroamerican College à Reims. Elle est présidente de l'Association Victor Segalen.

Elle a préparé la nouvelle édition des Premiers écrits sur l'art (Gauguin, Moreau, la sculpture) de Victor Segalen, aux éditions Champion, et a édité plusieurs volumes collectifs, notamment : L'Intensité : formes, forces, variations et les Cahiers Victor Segalen : Le mythe de la Chine impériale ainsi que Exotisme et altérité.

Elle a également écrit de nombreux livres consacrés à Saint-John Perse : Éclat des contraires, la poétique de Saint-John Perse, aux éditions du CNRS, ou, en 2007, L"imagination créatrice de Saint-John Perse, aux éditions Hermann.

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Gisèle Bienne : Apollinaire : sa correspondance de guerre, « un chantier poétique »

La plupart des soldats, parmi eux des écrivains, « tenaient » sur le front grâce aux lettres qu’ils écrivaient et recevaient. Si Blaise Cendrars méprisait les « babillardes » que ses camarades rédigeaient chaque jour, Apollinaire a nourri une abondante correspondance – lettres à des amis, à des confrères écrivains et journalistes et, surtout, à deux femmes aimées, Lou (Louise de Coligny-Châtillon) et Madeleine Pagès.

À la première Apollinaire dit sa formation de canonnier-conducteur à Nîmes et ses premières expériences sur le front de Champagne comme agent de Liaison à Beaumont-sur-Vesle. À Madeleine, la jeune fille rencontrée « une » fois dans un train et qui succède dans son cœur à la très volage Lou, il envoie pendant l’Offensive de Champagne (automne 1915) des lettres d’autant plus ardentes que la guerre se fait meurtrière. Il est alors maréchal des logis, chef de pièce à Tahure. Il lui fait part, ensuite, sous forme poétique, de l’existence au quotidien du sous-lieutenant d’infanterie qu’il est devenu et qui est en première ligne au Chemin des Dames.

Ces correspondances constituent un riche « chantier poétique », un potentiel de données qu’Apollinaire espérait vraisemblablement exploiter s’il survivait à cette guerre. Elles sont aussi le seul recours du soldat pour échapper à l’horreur par l’amour et la création.

Gisèle Bienne mène d'abord de front ses activités de professeur et de peintre. Puis, son premier roman, Marie-salope, qui paraît en 1976, touche tout de suite un large public.

Elle publie ensuite plusieurs romans, des livres de jeunesse et des essais. Elle obtient entre autre prix Henri-Bachelin de la Société des gens de lettres et effectue une résidence à la villa Marguerite Yourcenar.

Gisèle Bienne est également spécialiste des écrivains dans la Première Guerre Mondiale (Apollinaire, Cendrars..), thème sur lequel elle a publié quatre ouvrages.

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Jean Rouaud : Mathurin Méheut, un artiste breton dans les tranchées
Eclats de 14, éditions Dialogues, 2014

Dans Éclats de 14, Jean Rouaud décline la guerre sous les quatre éléments de l'univers : la terre, le feu, l'eau, l'air. Guerre mondiale, guerre démesurée. Que l'écriture enveloppe d'un éclat poétique. À quoi s'ajoute celui des dessins sur le vif de Mathurin Méheut.

Né à Campbon en 1952, Jean Rouaud obtient le prix Goncourt pour son premier roman, Les Champs d'honneur (Editions de Minuit, 1990). Il est l'auteur, chez Grasset, d'Un peu la guerre (2014), Etre un écrivain (2015), et Misère du roman (2015) et dernièrement de La splendeur escamotée de frère Cheval ou le secret des grottes ornées (2016). Il est également chroniqueur dans L'Humanité.