Madga Hollander-Lafon, Alexis Jenni et Boris Le Roy

Madga Hollander-Lafon, Alexis Jenni et Boris Le Roy

25.08.2019

Été des 13 Dimanches

« Des guerres et des hommes »

Magda Hollander-Lafon, Quatre petits bouts de pain, Albin Michel, 2012

Ce livre n'est pas un témoignage sur la Shoah, mais une méditation sur la vie. A seize ans, Magda Hollander-Lafon a été plongée dans un monde de ténèbres : juive hongroise, elle a été déportée à Auschwitz-Birkenau en 1944 avec sa famille, qui y a péri. Arrachées à cette expérience de la mort, ces pages sont nées d'une longue traversée tissée de renaissances. La première fut le don de quatre petits bouts de pain offerts à l'adolescente par une mourante dans le camp. L'homme est capable du pire, mais c'est au meilleur qu'appelle Magda Hollander-Lafon, c'est-à-dire à la joie. Une joie spirituelle ravie à la désespérance, volée à l'enfer qui a failli l'engloutir, nourrie par une vie de foi et de rencontres d'âme à âme. Une joie dont elle partage ici toute la fécondité et qui resplendit en un vibrant appel à devenir créateur de sa vie. (Quatre petits bouts de pain)

Née en Hongrie en 1928 dans une famille juive, Madga Hollander-Lafon est déportée à l'âge de seize ans à Auschwitz-Birkenau où toute sa famille a péri. Rescapée de la Shoah, elle est recueillie en Belgique à son retour des camps. Par la suite, elle devient psychologue pour enfants et intervient auprès des jeunes pour témoigner, mais aussi parfois pour les accompagner intérieurement.
Magda Hollander-Lafon © Richard Dumas
 

Alexis Jenni, Féroces infirmes, Gallimard, 2019

« Jean-Paul Aerbi est mon père. Il a eu vingt ans en 1960, et il est parti en Algérie, envoyé à la guerre comme tous les garçons de son âge. Il avait deux copains, une petite amie, il ne les a jamais revus. Il a rencontré ma mère sur le bateau du retour, chargé de ceux qui fuyaient Alger. Aujourd'hui, je pousse son fauteuil roulant, et je n'aimerais pas qu'il atteigne quatre-vingts ans. Les gens croient que je m'occupe d'un vieux monsieur, ils ne savent pas quelle bombe je promène parmi eux, ils ne savent pas quelle violence est enfermée dans cet homme-là. Il construisait des maquettes chez un architecte, des barres et des tours pour l'homme nouveau, dans la France des grands ensembles qui ne voulait se souvenir de rien. Je vis avec lui dans une des cités qu'il a construites, mon ami Rachid habite sur le même palier, nous en parlons souvent, de la guerre et de l'oubli. C'est son fils Nasser qui nous inquiète : il veut ne rien savoir, et ne rien oublier. Nous n'arrivons pas à en sortir, de cette histoire. » (Féroces infirmes)

Alexis Jenni, titulaire d'une agrégation, exerçait en tant que professeur de sciences de la vie et de la Terre. Pour son premier roman, "L'Art français de la guerre", l'histoire d'un soldat, il reçoit le prix Goncourt. Puis, son intérêt pour l'histoire et le devenir de l'humanité l'a conduit à diriger un volume collectif sur "Le Monde au XXIIe siècle" (PUF, 2013) et à s'entretenir avec Benjamin Stora sur "Les Mémoires dangereuses"(Albin Michel, 2016).
Alexis Jenni © Francesca Mantovani
 

Boris Le Roy, L'éducation occidentale, Actes Sud, 2019

Agent scientique de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, Ona arrive à Abuja, capitale du Nigeria, avec une mission : parfaire la formation de la police locale aux méthodes d'investigation scientifique. La pratique rattrape la théorie quand elle est requise sur les lieux d'une violente explosion pour conduire les premières constatations. Et quand parmi les corps déchiquetés des victimes, il lui semble reconnaître, dans une tête détachée de son tronc, le visage de son chauffeur mystérieusement disparu quelque temps plus tôt, la si analytique Ona est assaillie par l'emballement des hypothèses et la tentation de l'élucidation.
Dans les pas d'Ona, ce roman accompagne les irrésistibles conjectures de la pensée qui parfois échappent à l'objectivité, à l'horreur de l'ici et maintenant, pour tenter de reconstituer le parcours d'un homme - et en creux, d'une région du monde - jusqu'à sa fin spectaculaire et tragique.
À travers l'autopsie d'un système et le portrait d'une altérité indéchiffrable, Boris Le Roy signe un livre de questions aussi fondamentales que douloureusement actuelles, doublé d'une enquête fascinante et non dénuée de suspense. (L'éducation occidentale)

D'une maîtrise en audiovisuel à l'école Nationale Supérieure en art dramatique de Saint-Étienne, Boris Le Roy se rapproche d'abord du théâtre, du cinéma et de la télévision. Il publie ensuite trois romans jeunesse et obtient une bourse Création du Centre National du Livre pour son premier roman. Après avoir vécu plusieurs mois au Nigeria, il écrit son troisième roman, L'Éducation occidentale.
Boris Le Roy © Fabrice Cormy
 

Chaque rencontre commence à 15h.
pour réserver : contact@ecoledesfilles.org ou 06 34 52 79 78