Claude Briand-Picard, Xavier Krebs, Paul-Auguste Masui, René Quéré, Georges H. Sabbagh

Couleurs fauves en Bretagne

du 2 Juin au 7 Juillet 2010

Galerie Matignon

Cette exposition interroge l’utilisation de la couleur par les artistes en Bretagne de 1910 à aujourd’hui.
« Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. »


En 1890, Maurice Denis affirme la primauté de la forme plastique sur le sujet. Ce manifeste qui ouvre la voie à l’abstraction a été inspiré au jeune artiste par la leçon que Gauguin dispensa à son ami Sérusier à Pont-Aven (« Comment voyez-vous ces arbres ? Ils sont jaunes. Eh bien, mettez du jaune ; cette ombre plutôt bleue, peignez-la avec de l’outremer pur ») et par l’exposition des artistes synthétistes (Gauguin, Émile Bernard) au Café Volpini à Paris en 1889.
Une nouvelle manière de peindre s’amorce alors dès la fin du XIXe siècle. Les artistes se détournent des enseignements académiques pour revendiquer leur subjectivité. La révolution picturale qui en découle se traduit notamment par un usage plus libre de la couleur. Débarrassée de sa fonction imitative, elle se fait plus vive et s’applique pure, en aplats ou en touches juxtaposés. Les traits se font moins nets, les formes se simplifient, les détails sont éludés, la matière et la touche de l’artiste apparaissent.


Désormais, l’usage de la couleur traduit l’intensité de l’émotion que l’artiste ressent en contemplant la nature ou la société. Avec ses paysages préservés soumis aux variations du ciel et de la lumière, ses habitants et leur culture, la Bretagne provoqua ce « choc émotif » sur de nombreux peintres. Beaucoup de grands artistes vinrent y renouveler leur inspiration : Gauguin, Émile Bernard, Paul Sérusier, Meijer de Haan. Maurice Denis y attira ses élèves de l’Académie Ranson, Yves Alix et Georges H. Sabbagh au coursdes années 1910. Avec Jules Zingg, leurs recherches s’orientèrent vers un art de la synthèse aux formes simplifiées et volumes géométriques rehaussés de couleurs intenses.
Alors que René Quéré ou Xavier Krebs réinventent l'organisation des couleurs, Claude Briand-Picard développe ses théories sur la couleur importée (« ready-made color ») en travaillant à partir de matériaux industriellement colorés.