Marina Le Gall

du 12 Septembre au 4 Octobre 2025

Galerie 30 Penthievre

Fables

La Galerie Françoise Livinec présente Fables, une exposition personnelle de Marina Le Gall, qui revisite les Fables de La Fontaine à travers un bestiaire céramique drôle, décalé et étonnamment actuel. Avec un humour incisif et une grande liberté plastique, l’artiste prolonge le projet du fabuliste : observer la société humaine à travers les comportements des animaux, en jouer les travers, en détourner les rapports de force.


« L’animal est un support pour parler d’autre chose ». Marina Le Gall


La Fontaine aujourd’hui : satire sociale et morale ambigüe
En son temps, Jean de La Fontaine utilisait l’animal pour parler de l’humain, avec une ironie subtile et un sens aigu des mécanismes sociaux : domination, ruse, injustice, faiblesse, opportunisme. Si ses fables ont marqué l’imaginaire collectif, c’est parce qu’elles portent des morales souvent ambivalentes, laissant au lecteur le soin de comprendre ce qui se joue sous la surface.
Marina Le Gall s’inscrit pleinement dans cette tradition critique. Mais plutôt que de répéter les textes, elle en déplace les formes et les sens. Par la sculpture, elle rejoue les tensions des fables dans un langage visuel ancré dans le présent : animaux grotesques, postures exagérées, attitudes familières. L’humour agit ici comme une forme de disruption, qui nous pousse à regarder autrement les dynamiques humaines d’aujourd’hui.

L’animal comme figure sociale contemporaine
Chacune des œuvres présentées dans Fables  est une allégorie ouverte. Les animaux, souvent maladroits ou vaniteux, incarnent des archétypes sociaux contemporains. La tendresse formelle des pièces – la douceur de la céramique, les volumes ronds, les expressions naïves – contraste volontairement avec ce que les œuvres révèlent : une satire douce-amère de notre temps, où les morales restent à construire.

Une céramique libre et expressive
Refusant l’idéal de maîtrise ou de perfection technique, Marina Le Gall développe une pratique intuitive, instinctive, où la céramique devient un langage vivant. Ses pièces sont imparfaites, expressives, à mi-chemin entre l’objet d’art et la caricature. Elles s’inscrivent dans une tradition artisanale revendiquée, mais affirment une liberté de ton peu commune dans le champ de la sculpture contemporaine.

Un bestiaire en écosystème
Dans l’espace de la galerie, les sculptures forment un écosystème narratif. Chaque animal semble en interaction avec les autres, comme dans les fables où le récit collectif prime sur l’individu. Les œuvres coexistent, se toisent, se répondent. L’exposition ne cherche pas à rétablir un ordre moral, mais à mettre en tension les figures : qui est le dominant ? Qui est dupe ? Qui gagne ? Qui observe ?

Fables est une invitation à relire La Fontaine autrement, avec le recul que permet l’humour et la liberté que donne la forme. Une exposition qui sourit en coin, mais qui ne renonce jamais à penser.